Peut-on obliger un enfant à partir en colonie de vacances ?

Leurs jours heureux à ces jolies colonies de vacances !

On a tous déjà entendu la chanson de Pierre Perret les jolies colonies de vacances, si sa chanson bourrée d’humour au second degré a été mal perçue il y a 50 ans, il faut néanmoins n’en retenir que l’essentiel : 

Les jolies colonies de vacances
Merci Maman, Merci Papa
Tous les ans, je voudrais qu’ ça r’commence
You Kaïdi aï-di aï-da

Avec l’été qui arrive les catalogues de colonies de vacances et de séjours spécialisés arrivent à la maison. Parfois, c’est soit des organismes qui s’occupent d’organiser des séjours soit parfois se sont les centres de loisirs de nos villes qui proposent à tarifs réduits de petits séjours pour nos enfants. 

Quel que soit l’organisme que l’on choisit, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets, et ça, c’est top ! Car il y en aura forcément un qui plaira à notre enfant !  

Mais avant même de choisir le séjour, il y a une question à laquelle nous sommes forcément confronté en tant que parent.

Veut-il partir en colonie de vacance ?

Et là, deux cas de figure se présentent :

  1. Cela ne fait aucun doute, il veut partir avec les copains, il ne reste donc qu’à choisir le type de séjour idéal pour lui.
  2. Il ne veut absolument pas partir.

Et là, selon l’âge de l’enfant, on peut argumenter ou non avec lui quant au fait de partir s’amuser cet été en dehors de la maison. 

Pour ma part, je suis actuellement dans la seconde situation. Et j’avoue qu’en tant que Maman et ancienne animatrice centre de vacances, je me suis longtemps posée cette question.

Ais-je droit de forcer mon enfant à partir en colonie ?

L’animatrice que j’ai été croit profondément aux biens fait des colonies de vacances. Car j’ai vu et vécu de très belles scènes et vécu de très belles expériences aux cours de mes divers emplois. Cela a été des classes de mer avec des 3/4 ans à des colonies spécifiques avec de jeunes adultes handicapés mentaux ou encore à des colonies dans d’anciens pensionnats en Ardèche avec des ados. Quel que soit, le type de séjour et le public que j’ai pu côtoyer nous sommes tous sortis enrichis de ces divers séjours !

Un des souvenirs qui m’a beaucoup marqué a été une petite de 4 ans qui avait fait pipi dans son lit de nuit et n’avait pas osé venir me réveiller. Sa petite copine âgée du même âge était venue toquer à ma porte en donnant la main à son amie pour m’annoncer la nouvelle. J’ai rassuré la Puce et c’est ainsi qu’à 3 heures du matin, je me suis retrouvée à changer les draps pendant que les deux copines choisissaient un nouveau pyjama à mettre. Le lendemain, matin, la Puce qui avait fait pipi au lit avait voulu remercier sa copine en la coiffant, elle avait tenté de lui faire une tresse ! Je ne vous raconte pas le massacreSmiley Minnie - LOL! Mais cette scène était juste magnifique ! Deux petites qui ne se connaissaient que depuis la veille qui étaient là l’une pour l’autre. 

Puis, un autre souvenir, sur une colonie d’adolescents que j’avais eu, nous n’avions que deux frères et sœurs musulmans, qui du coup ne mangeaient pas de porc. Lors du premier repas, les deux enfants n’osaient pas se mélanger aux autres. Ils parlaient aux autres, mais je ne sais pas pourquoi ce temps de repas avait été gênant pour eux. Une collègue avait bien tenté de les inciter à manger à table avec leur camarade, mais ils étaient mieux qu’à deux. Pour ce premier repas, nous avions donc décidé de ne pas insister et de les laisser ensemble. Cela n’étaient pas passé inaperçu auprès de leurs nouveaux amis puisque le lendemain midi, ce groupe d’amis étaient venus s’asseoir à leur côté et n’avais pas mis de porc dans leur assiette ! Cela était un tout petit geste, mais qui en disaient long sur le respect qu’ils avaient les uns pour les autres. Et à partir de ce moment-là, les deux ados se sont mélangés aux autres et ont passé un superbe séjour ! 

Des exemples, j’en ai encore tellement pleins. Alors oui, je suis convaincue des biens faits des colonies, car les enfants sont dans un autre cadre. Ils s’ouvrent au monde extérieur, ils apprennent la vie en collectivité et le respect d’autrui et acquièrent en autonomie.

Car même si à la maison votre enfant est et restera toujours votre bébé d’amour qui a besoin de sa Maman pour tous, là-bas, il acquiert l’autonomie qui lui servira toute sa vie. Et il ne faut pas se leurrer, les enfants savent très bien faire sans Papa et Maman dès leur plus jeune âge. Souvent, les enfants oubliaient l’absence de leurs parents en colonie dès les premières heures ou le second jour selon leur âge.

Pour dire, c’était souvent à nous animateurs de rappeler aux enfants d’écrire la petite carte pour envoyer par la poste aux parents. Ou de demander régulièrement aux adolescents s’ils avaient appelé leurs parents pour prendre des nouvelles.

Car il ne faut pas se mentir, en colo les parents passent souvent en dernier. Bah, ouais, ils n’ont leur portable que quelques heures par jours donc la priorité, c’est d’appeler les potes qu’on a laissé à la maison pour raconter les derniers ragots. Parce qu’après tout, qu’est ce qu’ils ont a dire de si important à leur parent à part que tout va bien ? Ah, j’vous jure les gosses ! 

À partir de là, on peut conclure que souvent un séjour se passe bien et que cela ne peut être que bénéfique pour un enfant de partir en colonies. De toute manière, il suffit de demander à son enfant au retour si c’était bien ! Et souvent en tant que parent la réponse obtenue, c’est que l’an prochain, il veut repartir. Mais chose que vous ne voyez pas et que nous animateurs sommes aux premières loges pour voir se sont ses flots de larmes qui coulent lors des séparations :

Garçon triste - Fin de colonie de vacance

Fille triste - Fin de colonie de vacance
Bah ouais, en colos les amis pour la vie tout le monde sait ça !

Donc l’animatrice que j’ai été vous dit que oui, on peut forcer un enfant à partir en colonie de vacances. Et que cela ne peut être que bénéfique pour lui !

Mais la maman que je suis devenu aurait tendance à dire le contraire. Non, on ne peut pas forcer un enfant qui ne veut pas. J’avoue être confrontée en ce moment même et que cette étape me chagrine énormément. 

Loulou fêtera ses 6 ans le 28 juin et lorsque j’ai reçu le catalogue des ACM (accueil collectif de mineurs) de ma ville j’étais plus que ravie. 3 séjours sont proposés dont deux courts séjours. La seule condition pour l’inscription à n’importe quel séjour était que l’enfant est 6 ans révolu au jour du départ. Donc Loulou répondait au critère ! Youpi, cette année, il goûterait aux plaisirs de son premier séjour avec copains/copines. Avec de jolies activités prévues au programme comme du tir à l’arc, de la course d’orientation et une boum ! Oh le pied ! Il va s’éclater là-bas pendant les vacances.

Son refus catégorique

Sauf que je n’avais pas anticipé sa réaction. Moi ancienne animatrice, adulte et maman, je n’ai pas les mêmes attentes et les mêmes envies qu’un petit bout d’à peine 6 ans !

Il a pris peur et il y a eu un non-catégorique. Il ne veut pas y aller. Pourtant, il a l’habitude de découcher de la maison pour aller dormir chez Papy, Mamie. Il demande même pour aller dormir chez Marraine et les tontons. Mais là, la colonie, c’est non. J’ai bien tenté d’argumenter avec lui en ayant pour premier argument le fait qu’il allait enfin pouvoir dormir avec les copains. Puisqu’aujourd’hui, il me demande très souvent pour aller dormir chez des copains d’école ou avoir les copains à dormir à la maison. Je me disais donc que cet argument ferait mouche, eh bah non, c’est loupé ! Il ne veut pas. Dormir dans un endroit qu’il ne connaît pas avec des copains d’une autre école lui fait peur, même pour deux dodos. J’ai aussi tenté de lui parler des activités qu’il saurait faire, tout en étant enjouée afin qu’il ne perçoive aucun stress chez moi et qu’il soit rassuré. Mais non, rien n’a fonctionné ! Il a peur ! Un point c’est tout.

Que faire ?

De ce fait, on a longtemps discuté avec Chéri pour savoir s’il fallait ou non le forcer, car je reste persuadé en mon fort intérieur que cela ne peut que lui être bénéfique, mais mon cœur de maman aura eu raison de mon mental ce matin alors que je devais aller l’inscrire en mairie. Il s’est mis entre mes jambes avec son regard apeuré et m’a supplié de ne pas aller l’inscrire. 

Je le vois clairement cette perspective de partir quelques jours l’effraie totalement, alors clairement, il n’ira pas cette année. Je tenterai de nouveau l’année prochaine. Il aura un an de plus, une année de plus en maturité. Il quittera la maternelle pour l’école primaire. Peut-être se sentira-t-il plus près à ce moment-là.

Alors clairement, je le dis non, il ne faut pas forcer un enfant à partir en colonie de vacances si vraiment vous voyez que son non est réellement basé sur des arguments valables comme la peur ! Mieux vaut que sa première expérience se passe bien et qu’il ait vraiment envie de partir, car là, il reviendra avec la banane. Et l’année suivante, c’est lui qui vous demandera à partir. Et très sincèrement, je le pense, la colonie de vacances est l’une des plus belles expériences de vie qu’un enfant puisse vivre ! Alors si vous avez la possibilité d’envoyer vos enfants, n’hésitez pas ! 

Mon Loulou lui attendra donc encore un an minimum pour vivre cette première expérience. J’attendrai qu’il soit prêt à la vivre et à la savourer pleinement !

Et vous, vos enfants partent cette année ?

 

 

4 comments

  1. Je n’ai jamais fait de colo. Mais en tant que parent, ça ne me plait pas. Ca me fait peur, et même si, heureusement, il y a des animateurs comme toi qui ont l’air sérieux, je fais difficilement confiance. Pour le moment la question ne se pose pas chez nous, on verra si mes enfants sont demandeurs dans quelques années.

    1. Hello,

      Je comprend ton opinion c’est tout à fait normal. Mais très sincèrement sur 10 ans d’expériences, j’ai dû travailler avec une centaine de collègues différents. Sur ce nombres, il n’y en a eu que deux qui ont été “dangereux et irresponsable” ils ont été licencié dans la foulée. Même si souvent les animateurs sont jeunes, la plupart sont responsable ! On est responsable de vos enfants et on en est conscient 😉 !

      Tu as encore quelques années pour te faire une autre opinion, à toi de voir à ce moment là si tu changes d’avis ou non 😉 !

      Bisous !

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